Rapide focus sur la situation.

Compétences des adultes : la France est 21ème

Peu réjouissantes sont les conclusions de l’enquête internationale, dite PIAAC  (Programme for the International Assessment of Adult Competencies) menée par  l’OCDE. Sur le podium on retrouve le Japon, la Finlande et les Pays-Bas. La France  se situe à la 21ème place. L’évaluation a été établie sur la base de 7 000 Français de  16 à 65 ans, avec des exercices sur ordinateur qui faisaient appel aux capacités à  exploiter de l’information écrite ou chiffrée. Seuls 7,7 % des participants se sont  situés aux deux niveaux les plus élevés de compétence en littératie, contre 11,8 %  en moyenne dans les pays de l’OCDE. Pour le traitement des chiffres, les Français  n’ont guère fait mieux : 8,3 % aux deux niveaux les plus élevés, la moyenne étant  à 12,4 %. En toute logique, les scores faibles ont représenté 21,6 % en littératie  (15,5 %, en moyenne), 28 % en numératie (moyenne à 19 %).

La productivité en souffrance

La bonne productivité française… Il y a 10 ans.

Voici ce qu’on pouvait lire sur le site du ministère de Affaires Européennes et Étrangères, il y a bientôt 10 ans :
« Si l’on ramène le PIB par habitant à l’heure travaillée, la France est en première position du classement mondial en termes de productivité. Ainsi, lorsqu’un Américain a un rendement de 24,60 $ par heure travaillée, un Français génère en moyenne 25,10 $, loin devant le Japon – pays où l’on comptabilise le plus d’heures hebdomadaires de travail au monde – et ses 18,89 $. Le rapport se termine ainsi : On ne gagne pas juste en travaillant dur. On gagne en travaillant intelligemment… et moins. Comme les Français savent le faire. »2
Une autosatisfaction discutable, une donnée partiale et cocardière, qui ne tient pas compte des résultats de certains pays, comme le Luxembourg qui est en tête du classement depuis de nombreuses années, la Norvège et la Suisse étant généralement proches. Certes, on peut légitimement se refuser à comparer ces économies qui reposent très largement sur un système bancaire à haute rentabilité (45 % du PIB du Grand-Duché), ou avantagée par le pétrole comme la Norvège.
Néanmoins, la France a depuis perdu des places, et en 2019 se retrouve à la 13e, derrière l’Allemagne (8e), les États-Unis (11e)… Toujours devant le Japon (18e) en guise de consolation.

Compétences et emploi, un lien direct ?

Une étude de l’OCDE de 2016 esquisse une corrélation entre le niveau de compétence des adultes, évalué par l’enquête PIAAC, et les taux de chômage et d’emploi.

Avec sa 21e place au classement PIAAC, la France affiche un taux d’emploi de  64 %, et 9 % de chômage.

Le Japon, N°1 au classement PIAAC, un taux d’emploi de 71 %, 4 % de chômage.

Plus proche de nous, plus comparable culturellement et structurellement, les  Pays-Bas, troisième place au classement : taux d’emploi 74 %, chômage à 5 %.

À quoi assiste-t-on ici ? Une causalité directe entre le niveau de compétences  et l’emploi ? Simple question de bon sens serait-on tenté de considérer : les  compétences ne sont pas en phase avec les besoins de l’économie, ce qui  n’est pas sans rappeler l’inadéquation des études et des emplois effectivement  occupés.