La France n’est pas très mobile

La moindre mobilité des Français est professionnelle, et sensible. Les champions d’Europe sont les Italiens, avec 12,2 années passées en moyenne chez un employeur. Les Français restent 10,8 ans, comparables aux Allemands avec 10,2. Plus mobiles sont les Anglais (8 ans) et les Scandinaves (Suède 8,1, Danemark 7,2). La Corée du Sud est sur la première marche de l’OCDE avec 5,9 années 10.

 

L’impact sur les compétences ?

Changer d’emploi c’est découvrir de nouveaux horizons, une occasion de développer ses compétences, d’en acquérir d’autres. Le fait de ne pas changer d’employeur n’est évidemment pas fatal au développement personnel, mais c’est un stimuli extérieur en moins.

 

La France est pessimiste

Étonnant tout de même pour le pays le plus attractif du monde en termes de tourisme, réputé pour son savoir-vivre et sa capacité à profiter de la vie, où l’État providence n’est pas un vain mot puisqu’il est le champion du monde de la redistribution… Mais un pays qui est aussi le plus gros consommateur d’anxiolytiques de la planète.

 

L’impact sur les compétences ?

Le manque de confiance, en soi ou dans son environnement, est un frein au développement personnel. Le pessimisme induit un esprit « à quoi bon ?» qui nuit à la recherche de progrès et de mise à jour des compétences.

La France est historiquement élitiste

Aujourd’hui, 34 % des Français sont diplômés du supérieur, 45 % pour les 25-34 ans, et le chiffre progresse régulièrement (OCDE). Mais la ventilation du chiffre révèle un ascenseur social peu performant : les enfants d’ouvriers représentent 12 % des étudiants du supérieur, toutes filières confondues, et 25 % de leur classe d’âge. Les enfants de cadres 35 %, pour 16 % de la population. Ces derniers sont jusqu’à 10 fois plus nombreux dans les classes préparatoires et les grandes écoles. Certes, c’est mieux qu’au XIXe siècle…

 

L’impact sur les compétences ?

L’élitisme génère un entre-soi qui nuit à l’idée d’ascenseur social et démotive. Le vase clos est par ailleurs nuisible pour lui-même car moins apte à se renouveler. Plus le savoir et les compétences sont partagés et diffusés, plus ils ont de chances de se développer. L’élitisme n’est pas mécaniquement l’excellence.

 

La France est jacobine

Du chemin a depuis été parcouru, la décentralisation progresse, et les élus comme les électeurs n’ont de cesse de réclamer toujours plus d’autonomie des territoires. Métropoles et pôles économiques se développent partout en France… Et pourtant.
La région parisienne génère 31 % de la richesse nationale, pour 18,8 % de la population. Une non-proportionnalité due aux sièges sociaux, aux postes hiérarchiquement élevés, à l’activité internationale…

 

L’impact sur les compétences ?

Cette culture centralisatrice et verticale, on la retrouve dans le management, et elle nuit à la dynamique de développement personnel. On exécute et on rend des comptes, on avance pour une récompense (son salaire) ou par crainte d’une sanction… Des motivations extrinsèques. Elles entrent en opposition avec les motivations intrinsèques : l’épanouissement, la satisfaction, le plaisir de travailler… Qui sont sources de développement personnel, de développement de compétences.