Former c’est investir, on ne le sait pas assez

C’est la part du sujet qui est dans les mains des dirigeants. La notion d’investissement dans les compétences pour assurer la pérennité reste trop peu partagée, notamment dans les entreprises de moins de 50 salariés. Ce déficit de vision d’avenir, s’il est difficile à mesurer mathématiquement en termes de formation du personnel, on peut le constater par exemple dans l’automatisation : en France, l’âge moyen du parc des machines est de 17 ans. Il est de 9 ans en Allemagne14. Révélateur d’un manque de vision à long terme, ce moindre renouvellement indique une moindre volonté d’investissement dans l’automatisation. On a déjà balayé depuis longtemps le cliché de la machine qui détruit les emplois : l’automatisation crée de la richesse, génère des emplois plus qualifiés… et un besoin de formation.
Un moindre investissement dans l’appareil productif va de pair avec un moindre investissement dans la formation.

 

Une culture de l’apprentissage qui se diffuse et se renforce

L’idée que l’on doit apprendre tout au long de son parcours professionnel n’est pas suffisamment ancrée. Des campagnes de sensibilisation sont nécessaires, des incitations aussi. Des obligations, pourquoi pas ?…

  • Proposer aux employeurs, particulièrement de PME et TPE, des déductions de charges, des crédits d’impôts, lorsqu’ils investissent dans la formation, le développement de compétences.
  • Créer un service civique formateur, pour tous, quelques jours tous les 5, 10 ans ?… Pour faire découvrir d’autres horizons, stimuler l’envie de nouveau

Ouvrons la boîte à idée !
C’est une mobilisation générale qu’il faut ambitionner, à la manière d’une cause nationale, transgénérationnelle, enjambant les secteurs d’activités et les CSP. On n’en fera jamais trop sur le sujet de la formation, de l’éducation, du progrès des savoirs et leur diffusion. C’est le fondement même de notre société.
On parle toujours plus de la raison d’être des entreprises. Qu’en est-il de la raison d’être de notre civilisation ?

La compétence n’est pas suffisamment rémunérée

À quoi bon se former si le salaire ne semble pas à la hauteur de la compétence acquise ?
La France rémunère mal le savoir. Depuis ses professeurs dont le salaire est sous la moyenne de l’OCDE (et un classement PISA qui dégringole au fil des ans) jusqu’à ses savants qui fuient outre-Atlantique. Un rapport de la Conférence de Grandes Écoles (juin 2019) dresse un comparatif des salaires au sortir des études d’ingénieur : 34 661 € en France, 48 913 € en Allemagne, 68 363 € en Suisse… Le coût du travail est élevé en France, mais ce n’est pas la qualification qui se paye cher. Pour gagner en compétitivité, le réflexe des pouvoirs publics est systématiquement de baisser les charges sur les salaires les plus bas, parce qu’ils constituent le levier le plus efficace, en volume. C’est une vision à court terme.
Diminuer les charges des salaires élevés, et pouvoir les augmenter un peu, générerait moins d’économies, c’est évident. Mais il inciterait au développement des compétences, favoriserait la montée en gamme des emplois après laquelle court notre économie depuis longtemps.
Ce serait un investissement…
D’autres leviers que le salaire sont imaginables d’autant plus avec les jeunes générations qui considèrent que la rémunération n’est pas un critère prépondérant : un travail qui a du sens, une entreprise qui a une raison d’être… L’intérêt que l’on porte à son travail est au cœur de la QVT (Qualité de Vie au Travail).
Plus on acquiert de compétences, plus on a de chance de l’apprécier :

 

Se former plus
pour travailler mieux.